A chaque fois que je me serai abaissé à faire "des courses" il vous aura été donné d'en lire le récit. Vous en avez de la chance ! En même temps il est vrai qu'il s'agit à chaque fois d'une aventure, du genre safari dans le Congo Belge. Enfin, Dieu merci, je n'ai pas eu à couper de mains de gorilles.
Comme à l'accoutumé la vacance de madame ma Mère est synonyme de disette... et lorsque je me surprend à manger des cornichons c'est qu'il est temps de m'humilier un coup. Et c'est depuis hier soir que je me prépare à cet odieux labeur. Pour commencer, ne pas dormir. Cela me rend agressif. Et lorsque je suis agressif je me sens efficace.
Ensuite la tenue... parce que même si j'étais d'humeur guerrière il n'empêche que je n'étais pas à l'aise et un Tony en gêne se verra chercher à écraser les autres de sa naturelle supériorité. Je me suis donc plutôt bien vesté. Leur épargnant uniquement les chaussures de ville, cela eut été un brin déplacé, enfin il parait.
C'est donc harnaché de ma brillante armure que je suis sorti... Premier problème, le... chose que l'on traîne, pas comme un caddie, c'est un sac à roulette que l'on rentre chez soi lorsque l'on en a terminé. Chariot peut être, oui je pense appeler ça un chariot. Enfin en réalité je dis chariote mais bon... l'on ne s'attardera pas sur mes coquetteries de langages. Bha la chariote c'est d'un désagréable ! La traîner à vide c'est ridicule non ? Cela fait du bruit inutilement. Je me suis donc vu forcé de la porter... mais là encore, on fait comment ? C'est trop long pour être juste tenue à bout de bras et l'on se voit devoir fléchir le bras en une position inconfortable et laide en plus ! Puis c'est épuisant :( j'ai mal au bras gauche.
Enfin une fois arrivé devant l'enseigne je me suis vu le privilège de me taper le portier clodo qui tend sa main en quête du généreux mécène. Ce ne fut pas moi vous vous en doutez bien, après tout il n'y avait personne pour voir, je n'allais pas risquer une maladie pour ses beaux yeux. D'ailleurs en parlant de se clochard, dont j'ai oublié de le nom, ce doit être Dédé le Tatoué ou un autre nom tribal du genre, ou je suis au courant, souvent Mère m'en parle, il s'agirait Du clochard attitré de ma chère ville. "Il est gentil ce tatoué, il a un peu tué sa femme mais bon..." dixit ma Mère "oui c'est bucolique..." répond son si jeune fils. Elle lui donnerait une bouteille de bon vin en guise de charité, après tout l'on est bon chrétien ou on l'est pas ! Mais là pas de pot c'est moi qu'il a croisé. Il m'a dit "bonjour" brrrrr cela a suffit à me décontenancer. Je me suis vu répondre, bégayant un "bonjour" en réponse alors que je l'avais déjà dépassé d'au moins trois grandes enjambées. Et hop ! Le cauchemar commence. Je me sens mal, les gens m'ont vu parlé à un intouchable. Et pire ils m'ont vu perdre pied devant un simple "bonjour", je suis furieux et mieux vaut ne pas me chercher.
Comme de par hasard je croise moult personnes que je connais vaguement, un instit, une aide travaillant dans l'école de ma chère S½ur, une lectrice de la médiathèque et la grosse bouchère qui n'est pas fichue de me commander deux cervelles d'agneaux lorsque je le demande. D'ailleurs cette idiote de grosse femme m'a tutoyée ! Je ne supporte pas cela... je peux pas le tolérer. Mais l'agacement me donne des ailes. Je me suis jeté dans les rayons (que j'ai, bien entendu) arpenté quinze fois dans un sens puis dans l'autre vu qu'ils sont méchamment mal agencé. Le chocolat est à coté des croquettes pour chiens, pourquoi pas ? Enfin...
Je trouve de suite le rayon champagne, je me prend quatre petites bouteilles, je me sens de suite bien mieux ! à quand les distributeurs de poppers ?! Je vais dans le rayon bio, m'achète mes éternelles galettes de riz soufflées, la base de mon alimentation en période pro-ana. Ainsi que des oeufs et des tranches de simili pain norvégien ou suédois je ne sais plus. J'adore ça ! c'est sec et immonde. J'ai voulu m'attarder du coté de la mer, mais un imbécile de... magasinier (?) n'a rien trouvé de mieux que de choisir ce moment précis pour décharger ses caisses. Tant pis... point de crevettes, bulots ni ½ufs de saumon pour moi. Je m'en fiche il me reste encore un peu de caviar dans le réfrigérateur. Arrive le rayon des plats préparés, mon El dorado lorsque je n'ai pas envi de faire la vaisselle. Je prend une paella, un "cordon-bleu" mais sans fromage ni jambon, à la place il y a comme une préparation de crème blanche accompagnée de morceaux de dindes. N'étant pas certain de mon humeur j'y rajoute de la rosette de Lyon ainsi que du mousson de canard au Porto (c'était la pâtée du chien à la campagne mais moi j'ai toujours adoré) et pour me donner bonne conscience je prend des pommes et je rajoute une barquette de champignons de Paris, c'est délicieux cru à manger devant un film. Puis aussi des m&m's :(
Me voilà arrivé à la fin, il me faut passer à la caisse... alors j'ai révisé, dire "bonjour", sourire, mettre les produits sur le tapis roulant et vite passer de l'autre coté parce que cette connasse incompétente n'aura pas la présence d'esprit, ni la courtoisie ou l'amour d'une tache bien faite, d'emplir mes achats dans des sacs. Sacs inexistant au demeurant... vu qu'apparemment le service est passé à la trappe et que les gens sont certainement forcés de remplir leurs poches ou leurs bras des denrées acquises. Encore une fois, heureusement que j'avais cette idiote de chariote. Il n'empêche que nous sommes censés, ranger nos produits, seul oui je le rajoute, avec forcement les ½ufs sous les bouteilles sinon ce n'est pas drôle, mais en plus de ranger il faut régler, vu que des gens attendent à la suite. J'en ai eu pour pas beaucoup, une cinquantaine d'euros je crois. Et c'est Môman qui m'avait laissé de quoi régler. Je me ferai une overdose de galettes de riz à sa santé !
Je paie, je dis "au revoir"... elle me regarde étrangement et je souhaite secrètement lui crever les yeux. Et je m'en vais. Le retour fut encore plus désagréable que l'aller ! Vu que j'étais stressé il m'a fallu une cigarette et aller fumer vous avec les mains prises ! Je devais être beau à voir. Grrrrrrrrrrrrr !
Je hais ça ! je déteste ! je déteste.
Mais qu'importe ? j'ai la joie de savoir que vous venez de perdre un temps dingue à lire un texte parfaitement inintéressant !
Et ça ! Tue-Dieu ! Ça ça me met en joie !
:)
Et une toile de Francis Bacon pour conclure...
